Interview de Franck Silvestre, enseignant en informatique

Bonjour Franck, et merci de prendre le temps pour répondre à toutes mes questions.

Bonjour Jean-François.


Franck, quelle(s) matière(s) enseignes-tu et à quel(s) niveau(x) ?

J'enseigne différentes matières en informatique au niveau Master (1 et 2). Par exemple le Management de projet, les méthodes agiles, le développement collaboratif, les licences de logiciels libres, le développement d'applications distribuées en Java, etc.


Depuis combien de temps fais-tu voter et débattre tes étudiants dans tes cours ?

Depuis 3 ans.


Est-ce qu'il y a une ou plusieurs questions que tu apprécies particulièrement et si oui pourquoi ? Comment as-tu fait pour l'écrire ?

Oui, les questions les plus appréciables sont celles qui surprennent les étudiants : derrière un énoncé relativement simple, la réponse n'est pas intuitive et la proportion des mauvais résultats ébranle les certitudes des étudiants. Ils commencent à changer et donc à apprendre.
Quand j'écris une question, je recherche cet effet là, je recherche ce qui est plus exigeant sur le plan intellectuel. J'espère ainsi les tirer vers le haut. L'effet n'est pas toujours au RDV mais avec le temps et l'expérience, on progresse !


Est-ce que tu fais voter et débattre tes étudiants à chaque cours ?

Quasiment, il est très rare que cela n'arrive pas aujourd'hui.


Sur un cours d'une heure, tu poses environ combien de questions ?

En moyenne 3.


Et ils débattent à chaque fois ?

Non, si la question est plutôt simple et que les étudiants répondent correctement de manière massive, il m'arrive de conclure sans forcément les laisser débattre.


Au niveau de la construction de ton cours, j'imagine que tu avais déjà un support. Comment as-tu fait pour savoir où insérer des questions ?

Les questions s'insèrent naturellement :

  • sur des parties de cours que je juge particulièrement importantes où la compréhension est nécessaire (par exemple, le choix d'une licence libre par rapport à une autre a des conséquences importantes, il ne faut pas se contenter de connaître les définitions)
  • sur les notions qui font apparaître des difficultés non trivialement perceptibles  (par exemple, écrire une requête vers une base de données peut provoquer beaucoup de trafic sur le réseau sans qu'un développeur ne s'en aperçoive).



Et cela ne te prend pas trop de temps ? Tu arrives à en faire autant qu'avant ?

Cela prend du temps. On privilégie l'apprentissage en profondeur par rapport à l'apprentissage de surface. Cela oblige à faire des choix. Au niveau Master, nous disposons d'une vraie liberté pour faire ces choix, c'est d'un grand confort.


Et au contrôle, tu as des questions qui ressemblent à celles que tu poses en cours ?

Bien sur. Mon objectif est d'aligner autant que possible les objectifs d'apprentissage, les situations d'apprentissage et l'évaluation (alignement constructiviste de Biggs). En conséquence, un grand nombre de questions sont recyclées (avec quelques modifications et adaptations) pour les contrôles.


La première fois que tu as présenté la méthode aux étudiants, ils ont réagi comment ? Ils ont joué le jeu ?

L 'accueil est très positif, chaque année. Les taux de participations sont en général au-dessus des 90%. Les étudiants jouent le jeu.


Est-ce que tu rencontres des difficultés particulières dans l'utilisation de cette méthode ?

La difficulté réside dans le choix et la rédaction des bonnes questions. On s'améliore en pratiquant.


Si tu avais 1 conseil à donner à quelqu'un qui souhaite s'y mettre, ça serait quoi ?

Peut-être partir de questions qui sont posées actuellement en contrôle et de s'interroger sur ces questions : me permettent-elles vraiment d'évaluer ce que je souhaite évaluer ? Si oui, c'est sans doute un bon point de départ pour créer un premier lot de questions à poser en cours.


Merci Franck et je te dis à bientôt.

Avec plaisir Jean-François et à bientôt.

Modifié le: vendredi 25 novembre 2016, 15:32